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LA CHRONIQUE COMMUNICATION DU DIRECTEUR #1 - COMMUNICATION ET VÉRITÉ : JE T’AIME, MOI NON PLUS

08/12/2014

Les chroniques communication de Jean-Luc Letouzé directeur de l'IICP

RETROUVEZ L'ÉDITO DE JEAN-LUC LETOUZÉ PARU DANS COM’ENT, LA REVUE TRIMESTRIELLE DE COMMUNICATION & ENTREPRISE, DANS LE N°35 (NOVEMBRE 2014) :

 

Communication et vérité : je t’aime, moi non plus

« Où commence le mensonge en communication ? Est-ce que l’on ment lorsque le journal interne ne montre que des visuels de collaborateurs « bien dans leurs baskets » ? Est-ce que l’on ment en photoshopant un dirigeant ? Est-ce qu’un DirCom ment lorsqu’il ne dit qu’une partie de la vérité à un journaliste ? Est-ce que l’entreprise ment lorsqu’elle licencie massivement tout en communicant sur sa responsabilité sociale ?

La liste est longue des questions qui peuvent nous interpeller et nous interroger sur notre rapport à la vérité, et donc au mensonge ou à tout le moins à une relative déformation de la réalité.

Interrogations malheureusement très actuelles dans une société qui vit au rythme des mensonges en politique (l’affaire Cahuzac étant à ce titre criante… de vérité), du green washing ou de la viande de cheval qui voulait se faire plus belle que le boeuf.

Ces affaires ne sont pas sans impact sur la confiance de l’opinion dans les médias, la classe politique, mais aussi dans la parole de l’entreprise et de ses dirigeants. Source de bien des maux, la communication est devenue celle qui manipule, cache, ment et abuse.

Les résultats du sondage mené par Communication & Entreprise1 auprès du grand public sur sa perception de notre profession sont à ce titre contrastés. Un rôle important, une qualité et une utilité non contestées, un métier reconnu mais aussi une méfiance sensible, voire une déception, quant à la crédibilité et à l’efficacité de la communication des entreprises.

La communication est une discipline exigeante et les Français nous le disent. Ils attendent mieux de nous. La science nous dit que tout être ou organisme vit en échange permanent avec son environnement. C’est vrai pour chacun d’entre nous, comme pour les entreprises pour lesquelles et au sein desquelles nous oeuvrons. Notre action est sur la place publique et cela nous impose un devoir d’exigence et de responsabilité.

Comment ? En sortant d’une conception nombriliste de notre métier, de nos attributions, de notre jargon professionnel. En étant intransigeants sur notre crédibilité pour prétendre retrouver la confiance des Français. En ne nous arrêtant pas à notre seul devoir d’informer et de « faire passer » des messages, mais en s’assurant que ce qui est dit est vrai et que les engagements pris par l’entreprise sont tenus.

L’image de la communication des organisations ne pourra s’améliorer que si nous portons nos efforts sur sa recevabilité et sa crédibilité, condition première de toute communication efficace, productive et créatrice de valeur. »